3. Le Moyen-Age

Cette époque vit sans doute la naissance de Cavan comme formation paroissiale. Le recteur de Cavan, Dom Alain Le Gros, est cité dans le procès de canonisation de Charles de Blois en 1364. Le Pouillé de Tours enregistrait déjà la paroisse de Cavan aux alentours de 1330. Une charte de 1283 évoque la présence, dans le diocèse de Tréguier, d'une paroisse dont le nom, Kagan, paraît bien être celui de Cavan.

La charte de fondation de l'abbaye de Saint-Georges de Rennes nous permet de faire remonter au moins à 1031 l'antiquité de la paroisse de Cavan. On y apprend que Cavan (« vicum qui vocatur Cavana, in Cavan a plebe », en un lieu appelé Cavan, dans la paroisse de Cavan) appartenait à une certaine vicomtesse Royanteline qui y avait fondé une petite communauté de filles (au Xlème siècle). Cette communauté, dissoute peu de temps après sa création avait cependant eu le temps d'y bâtir une chapelle dédiée à Marie, mère de Dieu. Il est fort probable que cette communauté engendra par la suite une agglomération tréviale, Caouënnec, dépendante de Cavan jusqu'à la révolution. Ce sont là les plus anciennes traces que Cavan ait laissées dans l'Histoire écrite.

La découverte de l'origine précis.e du nom de Cavan pourrait seule sans doute nous permettre de remonter encore le temps. Mais ici ne règnent que les conjectures. Plusieurs hypothèses sont en présence. La plus répandue veut que Cavan, prononcé en breton « càouan », provienne du nom commun breton « kaouan» qui signifie chouette, chat-huant; et l'on évoque alors les marais aux épaisses frondaisons, refuges des oiseaux de nuit, où se serait édifié Cavan.

Mais cette version n'est pas satisfaisante, pour bien des raisons qu'il serait trop long de développer ici. Une seconde hypothèse fait remonter le nom de Cavan à celui de Saint-Haran, ou Garan, moine irlandais, compagnon de Saint-Efflam, débarqué en Armorique vers le Vlème siècle. Elle s'appuie essentiellement sur deux faits :
a) Saint-Garan est la patron de la paroisse de Cavan, avant même Saint-Chéron, par lequel on a cherché au XVlllème siècle à remplacer le vieux saint celtique
b) Saint-Garan possédait une chapelle en Plouguerneau. Dans les actes qui s'y rapportent, on voit se succéder, parfois même coexister les formes Garan, Caua, Cava, Cavan.

Cavan aurait alors éte bâti autour de l'ermitage du Saint homne ou d'un lieu de culte édifié en son honneur.

Oublions d'autres versions qui n'ont guère de vraisemblances.

La vicomtesse Royanteline dont dépendait au Xlème siècle la paroisse de Cavan, mourut sans héritier. Tous ses domaines furent donnés au duc de Bretagne qui en disposait vers 1032, du moins si l’on en croit G. de Bourgogne. Cavan tomba par la suite dans la maison de Penthièvre, puis dans celle d’Avaugour. Une branche cadette de cette dernière maison reçut en apanage la terre de Cavan dont elle prit le nom. Dans la seconde moitié du Xlllème siècle, le titulaire de la seigneurie de Cavan et Caouënnec était un certain Aymeri qui vivait encore en 1280. De son mariage avec la dame de Montmartin, il eut deux fils. L’aîné, Jean, héritier principal, adhéra au parti des comtes de Penthièvre en révolte armée contre le duc de Bretagne, Jean 1er. Victorieux, ce dernier confisqua en représailles, la seigneurie de Cavan pour l’attribuer, en récompense de ses bons et loyaux services, à Jean, seigneur de Kersaliou. La seigneurie de Cavan fut réunie au domaine ducal. Les seigneurs de Cavan portaient « d’or à trois chouettes de sable ».

Si l’on en croit la tradition, le lieu-dit « cimetière des Anglais » fut le théâtre de sanglants combats pendant la guerre de Cent ans. Le fait, s’il n’est pas prouvé, est assurément vraisemblable. Le Trégor fut, en effet, ébranlé par la guerre que se livrèrent au XIVème siècle, pour la possession du duché, la maison de Montfort alliée aux Anglais et celle de Blois alliée aux Français; et les occasions ne manquèrent pas de pourfendre l’Anglais lorsqu'il occupa les villes de la Roche-Derrien, Tréguier (1335) et Lannion (1346), avant d’en être chassé par le soulèvement de tout le pays de Trégor, en 1347.

Au civil et au militaire, Cavan et Caouënnec dépendaient de la châtellenie de Guingamp. La paroisse et sa trêve étaient morcelées en plusieurs juridictions dont les plus importantes étaient celles de l’abbaye de Bégard, Coatnizan (en Pluzunet), et Bois-Riou (en Cavan).

Le registre des « Monstres Generalles de l’Evesche de Tréguier » en septembre 1481, nous apprend les noms des nobles de la paroisse et de sa trêve. Il s’agissait de :
– Pierre Kerloscant, homme d’arme de la maison et ordonnance d’Avaugour;
– Jehan du Bot, lieutenant du Capitaine de Josselin ;
– Pierre Le Roux, archer en brigandine;
– Ollivier Coetheloury, archer en brigandine;
– Jehan Tanguy, archer en brigandine;
– Roland du Rest, archer en brigandine;
– Guillaume Hemery, archer en brigandine;
– Guillaume Perenes, archer en brigandine;
– Guillaume Lesneven, archer en brigandine.

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